Compendium sur la quête de la science religieuse

Le livre intitulé « Compendium sur la quête de la science religieuse » (Al-Jami’ fi talab al-ilm al-sharif - un résumé d’études religieuses) est devenu l’une des constitutions des mouvements djihadistes dans le monde. L'écrivain y traite en détail le sujet, en qualifiant de mécréants la majorité des musulmans et leurs imams et tous les non musulmans, sans exception entre gouvernants et gouvernés.
Né en 1950, l'auteur est originaire de la ville de Béni Soueif au nord de la Haute-Egypte. En 1986, il se rend en Afghanistan, où il participe à la guerre menée par les groupuscules djihadistes armés contre l'intervention étrangère, aux côtés d'Ayman Al-Zawahiri, leader actuel d'Al-Qaïda.
Imam répartit son livre “ Compendium sur la quête de la science religieuse” en sept (07) chapitres, dont la plupart traitent des bienfaits de la science et des savants, ainsi que des modalités de la quête du savoir, les éthiques adoptées par le savant et l'apprenant. Le livre recommande d'étudier un certain nombre de documentations spécialisées dans les différentes sciences de la charia.
La partie la plus importante du livre concerne notamment les questions figurant dans le chapitre 6.
Dans ce cadre, nous pouvons présenter quelques-unes de ses idées et les commenter comme suit:
1- L'excuse de l’ignorance :Imam juge que l'ignorance peut épargner la personne de la peine du blasphème, sans pour autant l'épargner d'être jugée mécréant. Tout musulman commettant le blasphème par ignorance ne peut faire l’objet de la peine pour blasphème et ne peut être qualifié de mécréant jusqu'à ce qu'il le sache, qu'on l'informe et qu'on le prouve de façon indéniable. Le critère du savoir ici est "sa capacité d'accéder au savoir et non pas le fait que le savoir lui soit assuré". On ne peut pas donc prétexter ignorer l'islam dans les pays musulmans parce qu'il est généralement connu que les questions relatives à ce savoir sont accessibles. Les questions relatives à ce qui est nécessairement connu dans la religion n'offrent aucune excuse parce qu’elles sont généralement bien connues. Ainsi, dans les pays islamiques aucune excuse n'est-elle accordée aux personnes sous prétexte de l'ignorance sauf dans les questions compliquées de la religion, qui ne sont connues et comprises que par les savants. C'est pourquoi l'auteur qualifie de mécréant la plupart de la société et par conséquent il juge que c’est halal de les tuer.
L'auteur tombe donc dans une grande contradiction en mélangeant entre qualifier une personne de mécréant et le fait de le juger effectivement comme mécréant. Il a dû ainsi qualifier l'ignorant de mécréant, émanant du principe légal qui dit que « Nul n'est censé ignorer la loi ». S'il en est ainsi, l'auteur met sur le même pied d'égalité le savoir incomplet des individus, qui ne dépasse pas les limites de l'acte et son résultat, et le savoir divin élargi qui sait les intentions des gens pour lesquelles ils sont jugés. De là peut-on nécessairement se demander : comment Dieu accorde-t-il aux individus l'occasion du repentir, alors que Sayed Imam et ses semblables les en privent? Comment Dieu excuse-t-il les ignorants, alors que les humains, non-concernés essentiellement par leurs affaires, se portent-ils comme juges au nom de Dieu sur Terre?
2- L'auteur considère la démocratie comme l’idolâtrie contemporaine et la qualifie de "gouvernance des masses", où le pouvoir absolu est accordé à l'homme qui légifère à base de principes non divins. C'est pourquoi l'auteur estime que tous ceux qui prennent part au processus politique sont tous des mécréants, soient-ils candidats, électeurs, juges, délégués ou partisans. Sayed Imam et ses semblables vivent encore sans aucun doute dans le passé et ignorent que la vie évolue, que les réseaux relationnels se compliquent davantage, et que la croissance démographique évolue. Tout cela dicte la création de constitutions, de lois et d'institutions pour gérer les affaires de ces populations, et régler les relations entre eux. Ces lois évoluent avec l'évolution du temps et sont soumises à la pensée humaine conformément aux règles prophétiques « Vous êtes plus conscients des questions de la vie ».
3- Imam met l'accent sur l'importance d'affronter les gouvernants et estime que cela est plus important qu'affronter l'ennemi lointain, puisqu’il juge que ces gouvernants modifient la charia. L'auteur qualifie également de mécréants tous ceux qui n’observent pas la prière (même si c'est une seule prière) et ceux qui ne paient pas l'aumône, par apostasie ou par négligence. Tout comme il allègue que les "sahabas" (compagnons du Prophète) sont unanimes sur ce jugement.
L'auteur estime également "que toute personne ayant commis un péché blasphématoire, en parole, en acte ou par délaissement devient mécréant. La personne acquiert la foi de plusieurs manières mais la perd par une seule chose. N’est pas une condition d’apostat le déni de toute autre partie de la foi".
L'auteur juge licite de tuer tous les prédécesseurs à cause de leur blasphème, considérant comme mécréance inconcevable l'idée de création de la constitution islamique dérivée de la charia. Il prône donc le retour vers le passé et se porte alors comme gouvernant au nom de Dieu sur Terre... Il pardonne et châtie à sa guise.
· Nom du livre : Compendium sur la quête de la science religieuse
· Nom de l'auteur : Sayed Imam Abdel Al-Aziz Imam Al-Chérif, dont les œuvres ont été publiées sous le pseudonyme Abdel Qader Ben Abdel Aziz, alias Dr Fadl.
· Nombre de pages : Une encyclopédie composée de deux volumes, soit 1100 pages.