Le camouflage électronique, le nouveau moyen utilisé par Daech pour assurer sa diffusion

Un rapport publié par l'Agence européenne de
lutte contre le terrorisme, début août, révèle que Daech tente de réorganiser ses rangs, grâce à l'intense activité
de ses militants sur le réseau social Telegram.
Le rapport affirme que des éléments de Daech publient des informations,
photos à l’appui, sur les opérations terroristes menées par l'organisation dans
les pays du continent africain, notamment au Mali, au Niger et au Nigeria. Le
document affirme en outre que le récent déclin de l’organisation terroriste est
« temporaire » car
l'organisation existe toujours.
Le rapport souligne l'usage de plus en plus
fréquent, par les disciples d'Abou Bakr Al-Baghdadi, du Bitcoin, monnaie électronique qui circule sur Internet et qui
offre aux utilisateurs des facilités financières importantes, car elle n'exige
aucun frais de transfert de fonds. Les militants de Daech ont utilisé plus d’un site commercial qui accepte cette
devise.
Le rapport ajoute que « les autorités allemandes et françaises ont
arrêté début mai un groupe de jeunes qui visionnait des clips vidéo diffusés
sur l’une des plateformes médiatiques de Daech, et expliquant la manière de
fabriquer les explosifs. Les jeunes entendaient placer des grenades dans des
lieux publics après les avoir fabriquées ».
Le groupe terroriste a commencé à utiliser
récemment de nouvelles plates-formes médiatiques et des sites de réseautage
social, notamment Google Plus et Viper, qui viennent s’ajouter aux comptes
Twitter et Facebook de l’organisation. Notons aussi que Daech est présent sur le web profond ou le web invisible, qui
est un réseau axé sur la partie de la toile non indexée par les principaux
moteurs de recherche.
Camouflage
électronique
Le général Gamal Abu Zekri, expert en
sécurité, explique qu’il est « difficile
de contrôler l'activité électronique de Daech et des autres organisations
terroristes surtout sur les réseaux sociaux. Ces organisation disposent de plus
d'un moyen pour échapper aux yeux des services de sécurité ».
Dans des déclarations à la Référence, Abou Zekri souligne que
les services de sécurité en Egypte et dans les autres pays surveillent de près
les comptes des éléments terroristes sur la toile, mais les terroristes
utilisent des logiciels modernes qui leur permettent de se cacher et d’accéder
en toute facilité au cyber espace.
« Daech
revient à nouveau sur Internet. L'organisation a recruté au cours de la période
écoulée un grand nombre d'étrangers spécialisés dans la technologie »,
affirme Abou Zekri. Et d’expliquer qu’à chaque fois que les services de
sécurité ferment des comptes appartenant à des éléments terroristes, ces
derniers créent d'autres comptes avec des noms différents. « Il est donc très difficile de contrôler
l'activité électronique des organisations terroristes », conclut
l’expert.