La coalition des “Frères de Tunisie” sur le point d’éclater

Duaa Imam
Deux accords controversés pourraient provoquer un éclatement de la coalition gouvernementale dirigée par le mouvement d’al-Nahda en Tunisie.
Le premier accord a été conclu entre le gouvernement tunisien et le Fonds qatari de développement et permet au Fonds qatari d’ouvrir un bureau en Tunisie. Quant au second, il a été conclu avec la Turquie et prévoit une stimulation des investissements mutuels entre la Tunisie et la Turquie.
Notons qu’en février dernier, des députés tunisiens ont demandé de ne pas transférer une part – environ 30% - du capital de la compagnie aérienne tunisienne à celle du Qatar, ni d’ouvrir l’espace aérien aux avions qataris, affirmant que cela donnerait au Qatar l’occasion d’utiliser l’accord au profit de ses projets dans la région.
De son côté, le secrétaire général du Mouvement du Peuple Zuyair al-Maghzawi, qui a obtenu 15 sièges au Parlement lors des dernières élections, a indiqué qu’al-Nahda pratique la duplicité au niveau politique, car d’un côté, elle veut tirer des bénéfices de sa participation au pouvoir, et de l’autre, elle veut être dans l’opposition, en allusion à sa présence dans le gouvernement, d’une part, et à son alliance avec le parti Au cœur de la Tunisie et la coalition d’al-Karama, tous deux dans l’opposition au Parlement, d’autre part.
Notons que les partis tunisiens d’opposition ont refusé les projets qu’al-Nahda veut conclure avec la Turquie et le Qatar, en affirmant que le président du Parlement et chef d’al-Nahda Rached Ghannouchi souhaite les faire passer en exploitant la crise du coronavirus de façon à imposer l’alliance turco-qatarie en Tunisie.
Quant au chercheur tunisien Hassan al-Qobbi, il a affirmé que des divergences importantes se manifestaient en permanence au sein du gouvernement entre les mouvements d’Al-Nahda et du Peuple, sur les dossiers de politique étrangèrerelatifs à la Syrie, à la Libye, à la Turquie ou auQatar.
Notons que le Fonds qatari est suspecté de financer des associations proches d’organisations terroristes.