L’homme du Qatar en Somalie: répression et pratiques hostiles aux journalistes

Ahmad Adel
Le directeur de l’Agence somalienne desrenseignements et de la sécurité nationale, Fahd Yassine, œuvre à durcir sa politique de répression contre les journalistes travaillant dans le pays, le dernier exemple en date étant l’accusation portée contre Haroun Maarouf, journaliste spécialiste des groupes terroristes de Somalie, qui travaille à la Voix de l’Amérique, de menacer la sécurité nationale du pays.
Notons que Maarouf jouit d’une vaste audience sur les réseaux sociaux, et a présenté des reportages détaillés sur la sécurité et le terrorisme en Afrique de l’est. Il est le coauteur du livre « A l’intérieur du groupe des Chébabs : l’histoire secrète de l’allié le plus puissant d’al-Qaïda ».
Dans son émission à la Voix de l’Amérique, « le Dossier de l’enquête », il a révélé les réalités de la corruption répandue dans les institutions de l’Etat.
Et le 5 avril dernier, l’ambassade américaine en Somalie a publié un communiqué sur son compte Twitter à propos des accusations portées contre Maarouf par l’Agence somalienne des renseignements, indiquant que ces accusations représentaient un danger pour la liberté d’expression, et l’indépendance des médias dans le pays.
Pour sa part, le syndicat des journalistes somaliens a rejeté les accusations portées contre Maarouf, affirmant qu’elles étaient sans fondement, et a exprimé son inquiétude face aux nouvelles tactiques des autorités somaliennes, qui visent à intimider les journalistes, et à restreindre la liberté d’expression.
Ces violations de la part de Fahd Yassine ont été mentionnées par Amnesty International dans un rapport intitulé « Nous vivons dans une frayeur permanente », qui a insisté sur les atteintes à la liberté d’expression en Somalie depuis l’accession au pouvoir du président Mohammad Abdallah Farmaajo en février 2017.