Publié par CEMO Centre - Paris
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A partir de Thrace occidentale, la Turquie s’en prend à l’Europe et à la Grèce

lundi 27/avril/2020 - 11:04
La Reference
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Moustapha Kamel

 

L’élection du mufti de Komotini en Thrace occidentale, où vit une minorité turque de quelque 150000 personnes, a fait depuis 1991 l’objet de controverses entre la communauté turque et les autorités grecques, le mufti prenant les décisions relatives aux affaires de la famille et des héritages chez les musulmans locaux.

En effet, jusqu’en 1991, c’étaient les musulmans de Grèce qui nommaient leur mufti, mais l’ancienne loi est abrogée cette année-là, et c’est la Grèce qui obtient cette prérogative. Pourtant, les Turcs de Komotini ne reconnaissent toujours pas le mufti officiel et en ont nommé un autre, Ibrahim Charif, également président du « Conseil consultatif de la communauté turque de Thrace occidentale ». 

Ce « mufti de Komotini » non officiel et soutenu directement par la Turquie, est rapidement devenu l’agent du régime turc exécutant ses instructions relatives aux pays occidentaux, et en particulier la Grèce, en particulier depuis la crise des réfugiés et l’ouverture des frontières turques avec la Grèce, qui a provoqué une tension entre les deux pays. C’est ainsi que Charif s’en est pris à la Grèce pour sa fermeture des mosquées et des salles de prière dans nombre de municipalités, affirmant : « La Grèce est le seul pays européen sans mosquée dans sa capitale ».

Et le 24 novembre 2017, le premier ministre de l’époque Alexis Tsipras a annoncé le promulgation d’une nouvelle loi permettant à toute personne de déclarer dans son testament son choix en matière d’héritage : loi civile ou charia, tout en pouvant changer de décision à tout moment. Cela a poussé certains membres de la minorité turque et à leur tête Charif à s’opposer à l’initiative de Tsipras, pour faire plaisir au Parti de la justice et du développement, et au Consulat général turc à Komotini.


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