Avant la Présidentielle turque, le Covid-19 va déterminer le sort politique d'Erdogan
mardi 07/avril/2020 - 05:31

Le Coronavirus, qui est en train de frapper le monde sans pitié, a ébranlé les trônes de nombreux présidents et dirigeants mondiaux alors que le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré que la pandémie établir un nouvel ordre mondial aux niveaux politique, économique et social.
Le président turc a raison cette fois-ci, car le monde et le peuple ne reviendront pas comme avant le Covid-19. La propagation rapide du virus en Turquie l'a mis à l'épreuve, l'économie étant chancelante.
L'intensité de l'épidémie
La crise du Coronavirus changerait le système en Turquie après que les citoyens aient testé les allégations du système, selon lesquelles les conditions sont sous contrôle, mais la réalité contredit complètement ces mensonges. La vitesse de la maladie augmente les risques de contamination des millions de Turcs, en raison de la crainte d'Erdogan de l'effondrement de son économie, qui est épuisée par ses politiques, alors qu'il prenait des mesures strictes en imposant un couvre-feu tout au long de la journée, et fermant complètement le pays.
Les pertes dues au Coronavirus menacent près de 10 millions de Turcs de perdre leur emploi dans tous les secteurs, en particulier le secteur immobilier. Ce chiffre s'ajoute à 4,5 millions de chômeurs, selon les données officielles de l'Institut turc de statistique, mettant le système sous forte pression et augmentant la colère du public.
Les secteurs agricole et d'élevage
Le secteur agricole et l'élevage sont aussi touchés. La possibilité d'interruption de la production menace une véritable catastrophe, si le virus n'est pas maîtrisé rapidement. La Turquie pourrait connaître une véritable famine d'ici quelques mois, d'autant plus que le bouquet de soutien et d'aide annoncé par le président Recep Tayyip Erdogan ne comprenait aucun soutien aux agriculteurs, cela signifie des arrêts de production et d'importation en raison de fermetures de frontières.
Les réserves de change de la Banque centrale turque ont chuté de plus de 7 milliards de dollars la semaine dernière, selon le rapport hebdomadaire de la banque. Selon ledit rapport, les réserves de change ont chuté à hauteur de 65,14 milliards de dollars au cours de la semaine se terminant le 20 mars, contre 72,47 milliards de dollars pendant la semaine précédente.
Outil de guerre biologique
L'administration d'Erdogan de la crise épidémique actuelle a suscité le mécontentement des Turcs parce qu'elle aurait adopté la théorie du complot. Les médias qui lui sont fidèles ces derniers jours auraient relayé une image à l'opinion publique selon laquelle le Coronavirus était un outil de guerre biologique, un virus sélectif développé par les sionistes en coopération avec les partisans du mouvement Fatah Allah Gulen, qui voudrait propager le virus dans la société turque, pour asservir les pays et réorganiser le monde.
Erdogan utilisait le même langage politique chaque fois qu'il se retrouvait dans une impasse politique, et a donc rejeté les enquêtes sur la corruption les 17 et 25 décembre 2013 dans lesquelles lui, son fils, quatre de ses ministres et d'autres notables du Parti de la justice et du développement étaient impliqués comme un complot de Gülen.
Le ministre de la Santé
Erdogan et ses partisans ont utilisé des termes similaires lorsque les Turcs ont été confrontés à une pénurie de produits alimentaires de base au cours de la récente récession économique et ont tenu les conjurés responsables de la crise.
La disparition du président turc des médias et le manque de message à son peuple pendant cette crise du Corona, comme le font les autres dirigeants du monde, ont écorché son équilibre de popularité décroissant. Des Turcs ont attribué son absence à sa peur de l’infection, en laissant la tâche au ministre de la Santé Fakhreddin Koca, qui annonce le nombre de morts et de contamination.