En annulant les deux accords et en rompant les relations avec la Turquie, le Parlement libyen humilie Erdogan et al-Sarraj

Le Parlement libyen a aujourd’hui samedi déféré le chef du gouvernement d’entente libyen Fayez al-Sarraj et son ministre des Affaires étrangères, et a voté à l’unanimité l’octroi d’un mandat au commandement général des forces armées pour suspendre l’activité des aéroports, des ports et des points d’accès terrestres sous la tutelle des milices. Le Parlement libyen, qui est la seule instance élue légitime du pays, a pris aussi un ensemble de mesures, dont la rupture des relations avec la Turquie et l’annulation des mémorandums d’entente maritimes et sécuritaires signés par le gouvernement de Tripoli et celui de Turquie.
Le Parlement a aussi demandé au Conseil de sécurité de l’Onu de mettre fin à la reconnaissance du gouvernement d’al-Sarraj.
Quant à l’armée nationale libyenne, elle a affirmé qu’elle ferait face à toute présence étrangère, et en particulier de la Turquie, sur le territoire libyen, et le commandant général de l’armée le maréchal Khalifa Haftar a affirmé vendredi que le combat était devenu une guerre contre un colonisateur tyrannique.
Quant au président de la Commission de la défense du Parlement, il a demandé que l’accusation de suprême trahison soit portée contre le président du Conseil présidentiel Fayez al-Sarraj, et le président de la Commission des Affaires étrangères a annoncé que le Parlement demanderait au Conseil de sécurité de tenir une séance urgente.
Il a aussi fait allusion à la formation d’une équipe de juristes à la Cour pénale internationale pour annuler l’accord d’al-Sarraj avec la Turquie, et la Commission des Affaires étrangères a demandé une mobilisation internationale et arabe pour faire face à l’intervention turque en Libye.
Enfin, de nombreux pays, en particulier ceux qui ont des frontières avec la Libye, ont averti que l’intervention militaire turque en Libye pourrait aggraver le conflit dans le pays, et déstabiliser la région.