L’Europe et la montée du phénomène des “femmes kamikazes » au sein des organisations terroristes

Hussam al-Haddad
Des rapports internationaux ont mis en garde contre le danger des femmes de Daech qui restent fidèles à l’idéologie de l’organisation. En effet, les femmes représentent entre 15 et 20% des membres des groupes terroristes, et 20% de l’ensemble des étrangers recrutés par ces organisations. Le Centre international d’études de l’extrémisme et de la violence politique indique, pour sa part, qu’en 2018, 13% des étrangers de Daechétaient des femmes.
Notons que pendant des années, Daecha accordé une importance particulière à ses brigades féminines, en créant par exemple la « Brigade des Khansas » qui a joué un rôle dans les régions sous son contrôle, en particulier à Raqqa en Syrie. Ces brigades ont également participé au recrutement d’éléments terroristes venant d’Europe.
Par ailleurs, bien que le pourcentage des opérations-suicides réalisées par des femmes ne représente que 3% de l’ensemble de ces opérations, il montre le recours croissant des organisations terroristes aux femmes pour les réaliser.
Quant à l’Indice international du terrorisme, il montre que les femmes ont réalisé 200 opérations-suicides entre 2013 et 2018, et que c’est BokoHaram qui a eu le plus recours aux femmes pour cela. L’organisation a en effet enlevé plus de 1000 fillettes au nord-est du Nigeria depuis 2013, et contraint les femmes à réaliser des opérations-suicides.
L’Indice met enfin en garde contre le recours croissant des organisations terroristes aux femmes dans la période à venir, étant donné leur facilité de mouvement et de déplacement.D’autant plus que certains rapports indiquent que 18% seulement des femmes de Daech sont rentrées dans leurs pays, ce qui en fait des cibles pour l’organisation, outre le fait qu’historiquement, les opérations-suicides réalisées par des femmes sontplus meurtrières que celles réalisées par des hommes.