Publié par CEMO Centre - Paris
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Réponse à la fatwa "d’Al-Addawi": Dr Abdelhalim Mansour déclaré à « Al Marja’e » : Les fatwas apostasiant les dirigeants sont fausses »

jeudi 28/juin/2018 - 12:32
La Reference
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Par Hoor Sameh

Le prédicateur salafiste Mustafa Al Addawi a émis sur sa page Facebook une fatwa apostasiant les dirigeants musulmans. Etant donné qu’Al-Azhar est l'organe officiel chargé de la Fatwa et de répondre aux fatwas irrégulières d’entre elles, le journal « Al Marja’e » (La référence) a eu un entretien avec le vice-doyen de la faculté de charia et de droit à l'Université Al Azhar Dr Halim Mansour pour clarifier la vraie position juridique de cette fatwa.

« Cette fatwa est fausse, les médias devraient éviter de la diffuser et toutes les fatwas similaires », déclare le Dr Abdel Halim Mansour en réponse à une question d’Al-Marja’e, affirmant que « l'Etat suit la charia et œuvre à faciliter l’application des obligations islamiques ; sachant qu’il n’y a aucune preuve législative qui n’ait pas été révélée par Allah ».

Le vice-doyen de la faculté de charia et de droit indique qu’Al-Azhar fournit d’inlassables efforts pour lutter contre l'idéologie extrémiste et les idées étranges, tout comme il (Al-Azhar) surveille également ce type de fatwas et y riposte. Il ne ménage aucun effort efforts humains ni matériels pour anéantir cette pensée extrémiste.

Dr Mansour aura expliqué que les certains cheikhs se basent sur des interprétations erronées des versets coraniques (pour émettre ce genre de fatwas, NDT), et que les médias devraient nécessairement contribuer à amoindrir l’'intérêt porté sur elles pour qu’elles n'affectent pas négativement la société afin de ne pas élever une génération estampillée par l’idéologie extrémiste qui n’a rien à voir avec l’Islam.

Il a souligné que son institution joue un rôle prépondérant face à ce genre de fatwas erronées, notamment à travers l'Observatoire d’Al-Azhar pour combattre l'extrémisme (Al-Azhar Observatory for Combating Extremism, AOCE) qui se focalise à répondre aux fatwas irrégulières et erronées. Aussi faut-il indiquer qu’il publie en plusieurs langues, en jouant son rôle de pionnier car il est la première autorité religieuse (islamique) dans le monde qui illumine celui par la religion authentique. « L'Observatoire d’Al-Azhar suit de près les fatwas anormales et les pages (des sites) sur lesquelles elles sont publiées pour émettre des réponses adéquates, dans le but de contrer cette idéologie radicale qui ne propage que l'extrémisme et l'athéisme», indique l’éminent cheikh azhari.

Par rapport à cette fatwa apostasiant les dirigeants, « Al-Azhar a publié dans sa page officielle sur Facebook sur la nullité de leur abjuration de tous les gouvernements des pays musulmans en appuyant leur argumentation par le verset coranique suivant : « (…) Et ceux qui ne jugent pas d’après ce qu’Allah a fait descendre, les voilà les mécréants.» (Sourate 5. La table servie, Al Ma'idah ; verset 44), a indiqué le vice-doyen de la faculté de la charia.

Ajoutant que celui qui fut le premier à adopter cette interprétation erronée est Sayed Qutb.

 

Sayed Qutb et l’abjuration

Peut-on lire dans le livre « A l'ombre du Coran » de Sayyid Qutb ce qui suit : «Ceux qui ne jugent pas d’après ce qu’Allah a fait descendre déclarent ouvertement leur rejet de la divinité d’Allah et leur rejet de Sa singularité par rapport à cette divinité. Aussi déclarent-ils leur rejet par leur travail et leur réalité, même s’ils ne l’ont pas déclaré par les paroles. Le langage de pratique et réel est plus fort et plus grand que celui de la parole. » « Tandis que la Méthode des sunnites (Ahl al-Sunna) est que « l'infidélité » (al kufr) est interprété de deux manières : par la mécréance (majeure) apostasiant l’individu, ou bien par « koufr douna koufr », une mécréance (mineure) en dessous de la mécréance (majeure). C’est-à-dire la mécréance mineure qui n’apostasie pas l’individu.

Et Mansour d’éclaircir par les hadiths suivants :

·      « Commettre deux choses induit au kufr (mécréance): remettre en question la généalogie et gémir sur les morts. » (Rapporté par Muslim).

·      « Injurier un musulman est une perversité, et le combattre tient de l'incrédulité », approuvé par Mouslim.

·      « Ne devenez pas, après ma mort, des infidèles qui s'entretuent les uns les autres. », approuvé par tous.

L'Imam Boukhari a, sous certaines rubriques du chapitre Al-Imâne dans son Sahih, commenté l’expression : « Koufr douna koufr, dhoulm douna dhoulm, fisq douna fisq » (Une mécréance en dessous de la mécréance (majeure), une injustice en dessous de l'injustice (majeure), une perversité en dessous de la perversité (majeure).» Il indique que le verset l’objet de débat va plutôt dans le sens de : (Une mécréance en dessous de la mécréance (majeure),

Il est à noter que, le 02 mars 2015 à 21H15 l'un des partisans du cheikh Mustafa Al Addawi, lui a posé une question en direct sur sa page Facebook lors de son émission hebdomadaire de fatwas en ces termes : « Quelle position ont les dirigeants qui ne jugent pas d’après ce qu’Allah a fait descendre ? »

La réponse du cheikh à la question, tel qu’on l’entend à partir de la 24e minute 36e  seconde, jusqu’à la 25e minutes et 46e secondes est la suivante: « S’ils contestent le jugement d’Allah, ou disent que leur jugement est égal au Sien, ils sont infidèles proscrits d'Islam ; en revanche, s’ils concèdent que le jugement révélé par Allah est le meilleur jugement, mais qu’ils se sentent faibles, leur jugement devient à ce moment-là de la mécréance majeure à la mécréance mineure qui le péché, ; sauf s’ils sont vraiment incapables d'appliquer la Charia… ».

Et de poursuivre: « (…) Autrement dit, l’expression ‘‘juger avec d’après ce qu’Allah n’a pas descendre’’  nécessite de plus amples détails : S’il dit que son jugement est meilleur ou égal au jugement d’Allah, il est de facto apostasié et excommunié. Nonobstant, s’il dit que le jugement d’Allah est le meilleur ; mais au cas où il dit : je suis dépassé ou forcé, il n’apostasie donc pas. Il lui est appliqué le « Koufr douna koufr» (Une mécréance en dessous de la mécréance (majeure), jusqu’à ce que son incapacité soit vérifié, pour qu’il soit pardonné. Chaque cas doit être traité individuellement.

Il est à noter bon nombre de cheikhs et d’émetteurs de fatwas s’appuient sur le verset coranique suivant : « (…) Et ceux qui ne jugent pas d’après ce qu’Allah a fait descendre, les voilà les mécréants.» (Sourate 5. La table servie, Al Ma'idah ; verset 44). Tout comme les interprètes du Coran et les imams se sont basés sur le même verset pour apostasier les dirigeants.

Dans son interprétation de ce verset, (le compagnon du prophète Muhammad) Ibn Abbas (Puisse Allah l’agrée) dit: Le fait qu’il soit emporté par ses désirs à juger par ce qu'Allah n’a pas révélé, alors qu’il est convaincu que le jugement d'Allah et de Son messager est juste, en reconnaissant toutefois sa faute et sa maladresse, donne lieu à l’excommunier ; sinon c’est quand même un grand péché, équivalent à l’adultère, l'alcoolisme, le vol, le faux serment, etc. Etant donné que le péché qu’Allah a défini dans son Livre comme étant de l’incrédulité est plus grand que le péché qu’Il n'a pas qualifié d'incrédulité.

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