Publié par CEMO Centre - Paris
ad a b
ad ad ad

"Al-Humayqani", le premier yéménite sur la liste arabe des terroristes

jeudi 21/juin/2018 - 12:05
La Reference
طباعة

 

Par Islam Mohamed

 

 

Tout le monde a été surpris par l'inscription du nom du prêcheur yéménite, Abdel Wahab Al-Humayqani, sur la liste des terroristes, émise par l'Arabie Saoudite, l'Egypte, le Bahrein et les Emirats, le 9 juin 2017. Al-Humayqani était le seul Yéménite à être sur la liste avec 59 autres. Il apparaissait régulièrement sur les chaînes d'informations saoudiennes, en tant qu'un des plus fervents et des plus éminents partisans des forces de "l'Alliance Arabe", qui regroupe dix Etats et est dirigée par l'Arabie Saoudite. Cette Alliance avait été déclarée le 25 mars 2015.

Al-Humayqani, est le conseiller du président Abd Rabo Mansour Hadi, et s'est déclaré hostile aux milices houthis chiites appuyées par l'Iran. Ces milices se sont soulevées contre le président Hadi et se sont accaparées du pouvoir le 21 septembre 2014. Al-Humayqani occupe également le poste de secrétaire général du Parti salafiste yéménite "L'Union Al-Rachad", créé en 2012.

Al-Humayqani était au début, assistant à l'université Al-Iman à Sanaa, relevant d'Abdel Méguid Al-Zindani, un des symboles du groupe des Frères au Yémen. Il était également mufti et chercheur dans les questions de statut personnel au ministère qatariote des Waqfs. Al-Humayqani est aussi président de la filiale locale de l'Organisation internationale des droits de l'homme "Al-Karama", dont le siège principal est à Genève en Suisse. Il gère aussi plusieurs "institutions caritatives" qui sont des organisations non-gouvernementales fondées en 1995 dans la capitale du Qatar, Doha.

Décembre 2013, le rapport périodique du Département américain du Trésor a accusé Al-Humayqani d'avoir financé et appuyé l'organisation Al-Qaïda dans la Péninsule Arabique, classée en 2010 par les Etats-Unis, comme "organisation terroriste étrangère".

L'homme a rejeté ces accusations, dans le temps, disant que : "ces accusations ont été adressées à son encontre vu ses activités hostiles aux raids américains sur son pays, sous prétexte du combat contre le terrorisme". L'Organisation internationale des droits de l'homme "Al-Karama", présidée par Al-Humayqani, a présenté au Commissariat des Nations Unies pour les droits de l'homme, un rapport sur les victimes des raids américains. Il a également rencontré le président Abd Rabo Mansour Hadi, qui a déclaré que le gouvernement avait livré au Département américain du Trésor, un message de réprobation devant ces accusations contre Al-Humayqani. Le président du Yémen a affirmé que tout Yéménite accusé, devrait être traduit devant la justice de son pays et a donc refusé l'extradition aux Etats-Unis, du secrétaire général de l'Union Al-Rachad, également membre de la Conférence du dialogue national.

Al-Humayqani était à l'époque, un des membres de la Conférence du dialogue yéménite, qui avait commencé sa première séance le 18 mars 2013 dans la capitale Sanaa et avait duré pour dix mois, soit jusqu'au 25 janvier 2014 et avait rassembé les différentes forces politiques pour examiner l'avenir du pays.

Il a aussi représenté le gouvernement yéménite légitime alors qu'il faisait partie de la délégation officielle participant aux pourparlers de la table ronde, parrainés par les Nations Unies à Genève, juin 2015 face à la délégation des Houthis.

 

 

Sur la liste des quatre Etats

 

Suite à l'inscription du nom d'Al-Humayqani sur la liste des terroristes, juin dernier, l'Union Al-Rachad a émis un communiqué affichant sa surprise quant à l'inscription du nom de son secrétaire général sur ladite liste. Le défendant alors en tant "qu'une des personnalités politiques yéménites ayant efficacement et largement contribué à défendre la légitimité yéménite et se déclarant hostile à la rebellion et au soulèvement". Le communiqué a souligné qu'Al-Humayqani était un des partisans éminents des efforts de l'Arabie Saoudite dans sa lutte légitime contre le projet iranien des Séfévides (Safawides), puisqu'Al-Humayqani était membre de l'Autorité consultative de la Conférence de Riad, tenue mai 2015 dans la capitale saoudienne pour examiner la crise yéménite.

Le communiqué de l'Union Al-Rachad a appelé les Directions des quatre pays à lever le nom d'Al-Humayqani de la liste du terrorisme, tout en annonçant "sa disposition à s'asseoir avec les instances concernées pour discuter de ce sujet, afin de déceler la vérité et de démystifier la situation".

Al-Humayqani réside avec sa famille à Riad depuis que l'Alliance arabe pour l'appui à la légitimité au Yémen avait commencé ses opérations militaires en 2015. Sa tribu "Al-Humayqan" dans le district d'Al-Zaher,  province d'Al-Baydaa, lutte contre les rebelles houthis. Toutefois, des nouvelles ont circulé sur le retrait des combattants de sa tribu dans la province d'Al-Baydaa, de leurs champs de bataille après avoir accusé Al-Humayqani de terrorisme, ce qui a permis aux Houthis d'avancer dans la région et de gagner un nouveau terrain.

Al-Humayqani fut connu pour ses appels aux prédicateurs salafistes d'Aden, à abandonner la prière du vendredi. Il a écrit, le 28 octobre dernier, sur son compte personnel sur les réseaux sociaux : "Aux prédicateurs d'Aden : la prière du vendredi et la prière collective à la mosquée, peuvent être abandonnées en cas de panique et de chaos. Que chaque homme dirige la prière avec sa famille dans sa maison".

Cet appel qu'il avait lancé, est intervenu après une série d'attentats ayant ciblé les prédicateurs salafistes. En fait, 17 prédicateurs salafistes ont été tués dans la province durant la dernière période, dont le dernier était le cheikh Adel Al-Chahry, l'imam et prêcheur de la mosquée "Saad Ibn Abi Waqqas" au quartier Al-Mansoura à Aden. Il fut le troisième imam tué de cette façon en moins d'un mois.

"