Publié par CEMO Centre - Paris
ad a b
ad ad ad

“Le barbier” Ahmed El Masri, le fondateur des Frères musulmans à Port-Saïd

lundi 18/juin/2018 - 09:48
La Reference
طباعة

Sarah Al Harith

A Ismaïlia, à la fin des années 1920 et spécialement dans une  nuit de Mars 1928, et parmi ceux qui suivaient les leçons du fondateur des Frères musulmans, Hassan Al-Banna, qu’il donnait à sa maison, il y avait six jeunes qui étaient impressionnés par ses idées et qui ont alors décidé de collaborer avec lui, tout en lui promettant bonne écoute et obéissance.

Ce sont les « six loyaux » ou comme on les a appelés dans la littérature des Frères Musulmans « le premier noyau »  sur lequel, le groupe a été fondé, à savoir : Hafez Abdoul Hamid (un menuiser au quartier des étrangers), Ahmed El Masri (un barbier à la rue El Jamaa), Fouad Ibrahim (un repasseur au quartier des étrangers), Abdel Rahman Hassaballah (un chauffeur de la société du Canal), Ismaïl Ezz (un jardinier de la société du canal) et Zaki Al Maghraby (réparateur et vendeur de vélos à la rue d’El Souk).        

Al-Banna a raconté dans son seul livre : « Mémoires de la Da'wa» à propos de cette réunion qui constituait la création du groupe des Frères musulmans en disant : «Ils étaient assis en me parlant, dans leur voix, il y avait de la force, dans leurs yeux, il y avait une étincelle et sur leurs visages, il y avait les traits de foi et de détermination. Ils ont dit : « Nous avons entendu et en avons pris conscience, mais, nous ne savons pas quelle est la méthode pratique et optimale afin de réaliser la gloire de l’Islam et le bien des Musulmans. Nous étions ennuyés de cette vie, la vie d'humiliation et de restrictions. Et vous voyez bien que les Arabes et les Musulmans dans ce pays n’avaient pas de chance ou de dignité et qu’ils n’étaient considérés que comme des salariés chez ces étrangers. Seulement, nous ne possédions que ces chauds sangs dans nos veines, ces esprits brillants de foi et de dignité ainsi que ces quelques dirhams de gagne-pain de nos fils ».               

Al-Banna a ajouté: "Nous ne pouvons pas déterminer la façon de travailler comme vous l’avez fait, nous ne savons quelle voie nous devons prendre afin de rendre service à la patrie, à la religion et à la nation comme vous l’avez fait. Tout ce que nous voulons maintenant est que nous vous offrons tout ce que nous possédons et cela afin d’éviter le blâme entre les mains de Dieu. Vous serez notre responsable devant lui tout en guidant notre travail. En plus, le groupe a promis à Dieu de vivre en faveur de sa religion et de mourir pour lui tout en cherchant la satisfaction du Tout Puissant. Nous voulons être un groupe qui mérite d’être vainqueur  même si son nombre est restreint et ses armes sont limitées ».

Etde poursuivre : Ces propos sincères ont eu leur effet sur moi : Je ne pouvais échapper à ce que je portais, à ce auquel j’appelais, avec lequel j’ai travaillé et autour duquel, j’ai tenté de rassembler les gens ». Je leur ai dit avec une profonde émotion: «Nous remercions Dieu pour vous. Qu'il bénisse cette bonne intention et nous guide vers le bon travail qui lui satisfait et qui sera utile aux gens. Nous devons travailler et c’est Dieu qui nous accorderait la réussite. Il faut que nous promettions à Dieu que nous serons les soldats d’appel à l’islam et que notre appel porterait la vie à la partie et la gloire à la nation, d'où la nécessité du serment d’allégeance ».  «Nous prêtons serment de vivre comme des frères œuvrant en faveur de l’Islam et de lutter afin de le soutenir”., a-t-il dit à cet égard           

Le chef du "Centre d’Observations" fonde l’aile armée

El Masri, âgé de dix-huit ans, au temps du serment d’allégeance, était originaire du gouvernorat de Port- Saïd auquel, il est retourné après la fin de son séjour à Ismaïlia. Là-bas, il a composé une cellule de confrérie dans laquelle il publiait ce qu'il avait appris de Banna comme étant un prélude à l'idéologie des Frères jusqu’à l’arrivée d’Al-Banna, lui-même dans le gouvernorat en tant qu’un prédicateur lors d'une conférence organisée par les frères de Port Saïd sous la direction d’« El Masri ».

En outre, “El Masri” a participé à former une branche spécial du système, l’aile armée des Frères Musulmans. A cet égard, l’un des superviseurs de sa fondation, qui est le leader de la confrérie, Mahmoud Al-Sabbagh, dans son livre  «Vérité du système spécial » a dit : «La ville de Port-Saïd ne m'était pas étrangère : J’ai travaillé là-bas en tant qu’un chef du Centre d’observation tout au long de l'année  1944 tout en créant des groupes du système spécial sur ordre de son Éminence le guide général qui m’a remis une lettre de cet ordre que je devais à mon tour remettre au confrère Ahmed El Masri, leader des Frères Musulmanes à Port-Saïd et cela afin de faciliter mon travail là-bas tout en lui ordonnant de la déchirer après la lecture. En cette année-là, des groupes du système spécial ont été créés à Port-Saïd sous ma direction ».            

Par ailleurs, “El Masri” accompagna “Al-Banna” lors de sa visite en Palestine, puis, il fut arrêté et mis en prison pendant un an et après sa sortie de prison, il participa à des guérillas contre les Anglais. 

Enfin, “El Masri” participa à la révolution de 23 Juillet 1952 sur ordre du guide. A l'époque, les relations entre les Frères Musulmans et la révolution étaient bonnes, mais il fit partie  des frères arrêtés à la suite de l'incident de Manchiyya, dans lequel les Frères Musulmans furent accusés d'avoir tenté d'assassiner le président défunt Gamal Abdel Nasser. Il fut condamné à dix ans d'emprisonnement et après avoir purgé la peine, il fut de nouveau arrêté en 1965 mais retrouva la liberté à l’ère du président défunt Anouar Sadate en 1971. Après sa sortie de prison, il se rendit à l'étranger et décéda le 18 octobre 2005.   

"