Ahlam Al-Nasr , la poétesse de Daech, son slogan « le terrorisme est la vie »

Mostafa Hamza
Agée de 16 ans et un jour après son arrivée en
Syrie avec son père - son pays d’origine - elle épousé un leader de Daech
Mohamed Mahmoud, surnommé « Abou Oussama Al-Gharib ». A partir de ce
moment, elle prête allégeance à Abou Bakr Al-Baghdadi. C’est ainsi que la jeune
fille syrienne Ahlam Al-Nasr a commencé à soutenir l’Etat du prétendu califat
avec son mari, l’un des signataires du communiqué d’allégeance à Al-Baghdadi en
novembre 2014.
Abou Oussama Gharib est un citoyen d’origine
marocaine et de nationalité autrichienne. Il vivait en Allemagne et avait été
condamné en prison à plusieurs reprises. Quand il a cherché à accéder au
territoire syrien via la Turquie, cette dernière l’a arrêté. Il a ensuite été
libéré dans le cadre d’un échange de prisonniers entre Daech et Ankara.
Ahlam Al-Nasr, est une jeune fille syrienne, dont
la mère s’appelle Dr Imane Mostafa Al-Bagha, auparavant, professeur
d’études islamiques à l’Université d’Al-Damam en Arabie Saoudite. Le paradoxe
est qu’Ahlam est la petite-fille de Dr Mostafa Al-Bagha, spécialiste des
sciences de la religion, est l’un des défenseurs du régime syrien et qui lui
fait de la propagande dans le prêche du vendredi.
Elle a immigré, après la guerre civile syrienne,
dans un des pays du Golfe où son père travaillait. Elle a cherché en vain à
retourner dans son pays d’origine avant qu’Abou Bakr Al-Baghdadi n’annonce son
prétendu califat. Enfin, il réussit à retourner en 2014. Même si Ahlam n’a pas
dépassé 19 ans, elle est surnommée au sein de Daech « la poétesse de
l’Etat islamique » en raison de ses poèmes qui glorifient l’Etat
d’Al-Baghdadi.
Ahlam Al-Nasr est la victime du rêve du prétendu
califat qui contrôle l’esprit de plusieurs islamistes. Elle n’avait que deux
options : rejoindre Daech ou exécuter un attentat suicide contre l’une des
bases militaires dans les pays du Golfe. Et ce d’autant plus qu’elle croit que
ces pays sont mécréants et elle aspire à y retourner après les avoir conquis
comme la Mecque a été conquise du temps du Prophète. Elle croit qu’Al-Baghdadi
est le souverain de la terre entière et que l’émir de Daech gouverne par
l’Islam.
L’axe infidèle ou mécréant
Dans son premier tweet après son arrivée à Raqqa
en Syrie, Ahlam Al-Nasr- baptisée Oum Oussama Al-Demchkia a dit :
« Le premier magasin où je suis entrée à Raqqa était un magasin d’armes
« la fierté du djihad »... quelle magnificence ». En effet, la
personne qui l’a accompagnée lui a offert une bombe, un poignard, un tir de
Dushka et un drapeau du califat.
La poétesse qui a été entraînée au port
d'armes poursuit en disant que la personne qui était avec elle alors qu’elle
apprenait à tirer lui disait : « Imagine que devant toi il y a les
leaders des organisations de l’axe mécréant. A partir de ce moment, l’arme n’a
jamais quitté la poétesse qui a déjà porté des fusils américains et russes,
invoquant Dieu de bombarder la tête d’un mécréant dans les plus proches délais
et de couper la tête à un apostat.
Ahlam a publié des vers de son poème qu’elle a
rédigé après son arrivée en Syrie :
"Enfin Dieu m’a écrit le pardon
Et cher ami j’ai pris entre mes mains l’arme
Que vivent le califat et son Excellence
J’ai ressenti la joie et le réconfort
L’Etat islamique va toujours demeurer
Grâce à Dieu, il réalise le succès"
Son premier recueil poétique a été publié en 2014
sous le titre « Incendie de la vérité », il comprend 107 poèmes
rédigés avec une rime répétée.
La muse d’Ahlam ne s’est pas limitée au domaine de
la poésie, elle est aussi un penseur daechiste d’autant plus qu’elle a écrit un
ouvrage intitulé « Le terrorisme ... la vraie vie » dans lequel elle
a appelé à apprendre aux enfants le terrorisme.
Elle a eu l’audace d’attaquer Ayman Al-Zawahri,
leader d’Al-Qaïda le comparant à une « balle » avec laquelle joue
Abou Mohamed Al-Goulani, leader de l’Organisation de Libération du Levant
(antérieurement le Front Al-Nosra) qui a annoncé sa séparation d’Al-Qaïda.
Ahlam a dit que le leader d’Al-Qaïda a trouvé du
plaisir à jouer au ballon balancé par les pieds à droite et à gauche et qu’il a
agi de manière enfantine quant aux dossiers les plus importants de la Nation en
général et du djihad en particulier. Elle a estimé qu’Al-Goulani l’a roulé pour
réaliser ses intérêts, puis lui a donné un coup tel qu'une balle pour chercher
un autre qui l’aiderait à réaliser une nouvelle victoire.
Ahlam a écrit un message intitulé
« Al-Zawahri, la vieille balle » dans lequel elle a repris les propos
d'Abou Mohamed Al-Adnani, ancien porte-parole de Daech. Dans son message
« Désolé, émir d’Al-Qaïda », Al-Adnani a qualifié Al-Zawahri de jeu
entre les mains d’un jeune garçon infidèle à l’allégeance » en référence à
Al-Goulani, poursuivant qu’il a laissé ce dernier le rouler tel un enfant
qui joue au ballon.
Ahlam a accusé Al-Zawahri de prendre les Frères
Musulmans comme leur exemple, notant qu’il va connaître le même sort qu'eux.