Publié par CEMO Centre - Paris
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“Abou Mohamed Al Maqdsi”, le théoricien du Salafisme djihadiste

lundi 18/juin/2018 - 09:41
La Reference
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Rahma Mahmoud

C'est Abou Mohamed Asim Ben Mohamed Ben Taher Al-Hafi Al-Otaibi Al-Maqdisi, surnommé "Asim Al-Barqawi", Jordanien d'origine Palestinienne, né en 1959 dans la ville de Naplouse en Palestine. Il est considéré parmi les théoriciens les plus éminents du mouvement salafisme djihadiste ayant une grande influence sur la jeunesse de l'Organisation d’Al-Qaïda et dont les œuvres constituent une référence fondamentale pour les Takfiristes du monde entier : A cet égard, les auteurs des attentats de Riyad en novembre 1995 ont admis qu'ils se fondaient sur les littératures d'Al-Maqdisi en ce qui concerne  l’intellectualisation.     

À la fin des années 1970 et précisément en 1979, il a voyagé au Koweït et a adhéré au mouvement d’Ahl Al-Thawriyine (peuple de révolutionnaires), une branche du groupe de Jihaman Al-Otaibi. Mais il s'est séparé du groupe et cela à cause de son désaccord avec certains de ses dirigeants à propos de nombreuses questions légitimes telles que « l’excès d’accusation d’impiété ».         

Après l'invasion irakienne du Koweït en 1990, Abou Mohamed Al Maqdsi a voyagé dans la ville de Peshawar au Pakistan où il a passé une courte période pendant laquelle, il a publié son livre intitulé « Les réactions claires à l’impiété de l'Etat saoudien", dans lequel il s'est attaqué aux institutions religieuses d'Arabie Saoudite.      

Ensuite, il s'est rendu en Afghanistan où il a fait la connaissance d'Ayman Al-Zawahiri, le leader d'Al-Qaïda plus tard et d'autres personnalités djihadistes. À la fin des années 1980, il est retourné en Jordanie et a rejoint l'organisation de «Ba'ath Al-Imam», composée de Jordaniens revenant d'Afghanistan au début des années 1990 du siècle dernier.   

En 1993, Al Maqdsi a été arrêté avec Ahmed Fadil Al-Khalayleh, surnommé "Abou Moussab Al-Zarqawi". Ils ont été condamnés à 15 ans de prison à cause de leur appartenance à l'organisation "Be'ahat Al-Imam", mais, il a été libéré à la faveur d'une grâce royale d'Abdallah II de Jordanie au début de son mandat en 1999. Mais il a été arrêté de nouveau en Jordanie en 2000 suite à une violation du code de la route et a été condamné à un mois de prison.      

Il a émis une Fatwa en faveur de la légalité du 11 septembre

Après les événements du 11 septembre 2001, Al-Maqdisi a émis une Fatwa en faveur de la légalité de ces opérations et défendu ses auteurs. Il a écrit un message intitulé « C’est ma dette envers Dieu » et a été par conséquent arrêté plusieurs mois et après sa libération, il a poursuivi son appel et son incitation au Jihad. Après cela, Al-Maqdisi a été plusieurs fois arrêté jusqu'à la fin de 2006, sur ordre des services de renseignements jordaniens.    

Immédiatement, après sa libération en 2006, il a déclaré son désaccord avec l'approche d’El Zarqawi qui incitait à l’immigration et à la participation à la bataille avec Al-Qaïda dans d'autres régions du monde. A l'époque, Al-Maqdisi a adressé un message intitulé « El Zarqaoui … un soutien et un conseil », dans lequel il a dénoncé un grand nombre d'actions menées par Al-Qaïda en Irak, en ciblant en particulier les chiites et les chrétiens.   

Grâce à Al-Maqdisi, il y a eu une restructuration des rangs du mouvement djihadiste en Jordanie en 2008; ce mouvement a subi plusieurs attaques des forces de sécurité et une vaste campagne d'arrestations et cela suite à l'exécution par une  cellule d'Abou Moussab El-Zarqaoui d'attentats à la bombe en 2005 à Oman en plus de la dissidence d'un grand nombre d'éléments du mouvement après l'assassinat d’El Zarqaoui par les Américains. En ce temps-là, les désaccords se sont intensifiés entre les partisans de Cheikh Al-Maqdisi, qui a tend plutôt vers l'action pacifique en Jordanie et le groupe d’El Zarqaoui qui, lui, s’attache à l’action armée.               

En 2010, Al-Maqdisi a été accusé par la Cour de sûreté de l'État jordanien de soutenir financièrement le mouvement des Taliban afghans et a été libéré en 2014. Il a été arrêté de nouveau la même année après avoir critiqué le gouvernement jordanien et cette fois-ci à cause  de sa participation à l'Alliance internationale contre le terrorisme en Syrie et en Irak.

Au début de 2015, et après des mois de son arrestation, il a été libéré, et ce après l'assassinat du pilote jordanien, Moaz El Kassabh par l’organisation takfiriste armée de Daech. A cet égard,  on dit qu'il a été libéré après avoir annoncé sa médiation pendant un mois avec les dirigeants de Daech y compris Abou Bakr Al-Baghdadi afin de libérer El Kassabh, mais cette médiation n’a pas réussi et El Kassabh a été assassiné.  

Al-Maqdisi a refusé d’accuser les Frères musulmans d'impiété en les considérant comme des musulmans, même s’ils sont opposés au mouvement djihadiste sur plusieurs questions dont certaines concernent l’approche et les méthodes. Il critiquait Daech de violer la Charia et décrivait ses actes de brutaux.   

A noter que l'organisation de Ba'ath Al-Imam ou ce qui est connu sous le nom de "groupe de Tawhid", est une organisation salafiste-djihadiste créée en Jordanie au début des années 1990 par des Afghans jordaniens (djihadistes jordaniens revenant d'Afghanistan), où Abou Muhammad Al-Maqdisi était l'émir de l’aile de Da'wah et El Zarqaoui l'émir du groupe. Ce mouvement accusait d'impiété les régimes au pouvoir, tout en appelant à la non-participation aux législatives de 1992.

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