Abou Walid Al-Sahraoui le djihadiste le plus redouté d'Afrique de l'Ouest

Abou Walid
Al-Sahraoui est né à Laayoune, l'une des plus importantes villes du Sahara
marocain faisant l'objet de conflit. De son vrai nom Habib Abdi Said,
Al-Sahraoui appartient à la tribu Al Raqhibat.
Abou Walid
Al-Sahraoui est classé parmi les chefs les plus redoutés de «Daech» en Afrique
de l'Ouest. Il prend pour théâtre d'opérations toute l’entendue du Sahara,
vaste de plus de sept mille kilomètres à commencer par le sud de l'Algérie, et
du nord-est de la frontière mauritanienne jusqu’au nord du Mali et du Niger. Le
leader de Daech se déplace à sa guise dans le Sahel et en Afrique de l'Ouest,
pour mener des opérations armées, en profitant des circonstances particulières
de cette région, qualifiée par certains d’«arc de crise», en raison de la
propagation dans cette zone de la pauvreté, la guerre, du commerce illégal et
des troubles ethniques. En s’y concentrant, il a pu mener à bien un certain
nombre d'attaques ciblées contre les forces américaines, françaises,
nigériennes et maliennes ; tout comme il y a commis des attentats à la
bombe ainsi que des enlèvements de touristes et de diplomates.
Al-Sahraoui opère
de randonnées et d'excursions avec de nombreux groupes armés djihadistes, dans
le Sahara et le Sahel africains. Avant son allégeance à «Daech», il était
l’émir du soi-disant bataillon « des Almoravides » (Al Mourabitoune), célèbre
pour sa dépendance d' « Al-Qaïda » et du «Mouvement de l’Unicité et du Jihad en
Afrique de l'Ouest » (MUJAO).
Bien avant cela
il était un leader du mouvement de sécession du Front Polisario, qui veut
détacher le Sahara occidental de l'Etat marocain. Il était également membre
influent de l`Union de la jeunesse de Saguia El Hamra et Rio de Oro (UJSARIO),
proche du Front Polisario indépendantiste.
Ses études et ses
activités
Le polyglotte
Adnane Abou Walid Al-Sahraoui a fait des études de sociologie à l'Université
Mentouri de Constantine en Algérie. Il fit sa première apparition publique en
octobre 2011, quand il a déclaré son allégeance à l'émir d'Al-Qaïda, Ayman
Al-Zawahiri, après que le MUJAO ait revendiqué l’enlèvement de trois ressortissants européens et leur détention dans les
camps du Front Polisario, dans le sud-ouest de l'Algérie.
Sa deuxième
apparition fut en avril 2012, en tant que porte-parole du MUJAO exigeant une rançon de 30 millions d'euros pour la
libération des otages. Il avait également exigé une autre rançon de 15 millions
d'euros, pour la libération des prisonniers, en échange de la libération de sept
diplomates qu’il avait enlevés. C’est lui qui avait aussi déclaré l’exécution
du diplomate algérien, Tahir Touati, suite à son enlèvement au consulat
d’Algérie à Gao, dans le nord du Mali.
La réclamation de
la « rançon » est un phénomène fondamental dans le comportement des groupes
armés dans cette région, pour financer leurs activités. C'est en outre
considéré comme un moyen qu’exploitent les djihadistes pour faire pression sur
les autorités pour la libération de leurs dirigeants emprisonnés dans les geôles
des pays du Sahel.
Après sa
nomination comme émir du bataillon des «Almoravides», en mi-mai 2015, Abou
Walid Al-Sahraoui a déclaré son allégeance à « Abou Bakr Al-Baghdadi » leader
de « Daech », selon un enregistrement audio à l'époque. Il y renie tout lien
avec Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), ce qui a provoqué son expulsion d’«Al-Qaïda», le 22
juillet 2015, lorsque le Conseil de la Choura du bataillon des Almoravides a
tranché la question de son rattachement à «Daech» ou à «Al-Qaïda». C’est d’ailleurs
à ce moment qu’allégeance a été faite à Mokhtar Belmokhtar comme émir des
Almoravides, qui a désavoué "Al-Baghdadi" et son organisation, qu'il
a décrit comme « violateur de la Charia et effuseur de sang protégé
des musulmans. »
Pour mieux
définir ses objectifs, Al-Sahraoui a en janvier 2014 déclaré que le MUJAO
fermerait les frontières du Burkina Faso et du Niger en posant des mines
antipersonnel, et que «la guerre a commencé et ne finira jamais».
selon les
observateurs, la dernière apparition d’Abou Walid Al-Sahraoui était en 2015
lors de la déclaration qu’il avait faite, la première du genre, pour faire
allégeance à «Daech», quand il a revendiqué une attaque contre les forces
françaises dans le triangle frontalier, situé entre le Niger, le Mali et le
Burkina Faso. Il a annoncé aussi sa responsabilité d'une attaque contre une
patrouille conjointe entre les forces spéciales américaines et les troupes
nigériennes, dont le bilan était de quatre soldats américains tués et cinq
morts des troupes nigériennes, en octobre 2017.
Il a récemment
été rapporté qu'Abou Walid Al-Sahraoui œuvre à former une nouvelle alliance
entre les groupes terroristes pour se préparer à affronter la Force militaire conjointe du G5 Sahel dont l'annonce a
été faite par les pays du Sahel.