Publié par CEMO Centre - Paris
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Abou Walid Al-Sahraoui le djihadiste le plus redouté d'Afrique de l'Ouest

lundi 11/juin/2018 - 04:35
La Reference
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Mohamed Ragab Salama

 

Abou Walid Al-Sahraoui est né à Laayoune, l'une des plus importantes villes du Sahara marocain faisant l'objet de conflit. De son vrai nom Habib Abdi Said, Al-Sahraoui appartient à la tribu Al Raqhibat.

Abou Walid Al-Sahraoui est classé parmi les chefs les plus redoutés de «Daech» en Afrique de l'Ouest. Il prend pour théâtre d'opérations toute l’entendue du Sahara, vaste de plus de sept mille kilomètres à commencer par le sud de l'Algérie, et du nord-est de la frontière mauritanienne jusqu’au nord du Mali et du Niger. Le leader de Daech se déplace à sa guise dans le Sahel et en Afrique de l'Ouest, pour mener des opérations armées, en profitant des circonstances particulières de cette région, qualifiée par certains d’«arc de crise», en raison de la propagation dans cette zone de la pauvreté, la guerre, du commerce illégal et des troubles ethniques. En s’y concentrant, il a pu mener à bien un certain nombre d'attaques ciblées contre les forces américaines, françaises, nigériennes et maliennes ; tout comme il y a commis des attentats à la bombe ainsi que des enlèvements de touristes et de diplomates.

Al-Sahraoui opère de randonnées et d'excursions avec de nombreux groupes armés djihadistes, dans le Sahara et le Sahel africains. Avant son allégeance à «Daech», il était l’émir du soi-disant bataillon « des Almoravides » (Al Mourabitoune), célèbre pour sa dépendance d' « Al-Qaïda » et du «Mouvement de l’Unicité et du Jihad en Afrique de l'Ouest » (MUJAO).

Bien avant cela il était un leader du mouvement de sécession du Front Polisario, qui veut détacher le Sahara occidental de l'Etat marocain. Il était également membre influent de l`Union de la jeunesse de Saguia El Hamra et Rio de Oro (UJSARIO), proche du Front Polisario indépendantiste.

 

Ses études et ses activités

Le polyglotte Adnane Abou Walid Al-Sahraoui a fait des études de sociologie à l'Université Mentouri de Constantine en Algérie. Il fit sa première apparition publique en octobre 2011, quand il a déclaré son allégeance à l'émir d'Al-Qaïda, Ayman Al-Zawahiri, après que le MUJAO ait revendiqué l’enlèvement de trois ressortissants européens et leur détention dans les camps du Front Polisario, dans le sud-ouest de l'Algérie.

Sa deuxième apparition fut en avril 2012, en tant que porte-parole du MUJAO exigeant une rançon de 30 millions d'euros pour la libération des otages. Il avait également exigé une autre rançon de 15 millions d'euros, pour la libération des prisonniers, en échange de la libération de sept diplomates qu’il avait enlevés. C’est lui qui avait aussi déclaré l’exécution du diplomate algérien, Tahir Touati, suite à son enlèvement au consulat d’Algérie à Gao, dans le nord du Mali.

La réclamation de la « rançon » est un phénomène fondamental dans le comportement des groupes armés dans cette région, pour financer leurs activités. C'est en outre considéré comme un moyen qu’exploitent les djihadistes pour faire pression sur les autorités pour la libération de leurs dirigeants emprisonnés dans les geôles des pays du Sahel.

Après sa nomination comme émir du bataillon des «Almoravides», en mi-mai 2015, Abou Walid Al-Sahraoui a déclaré son allégeance à « Abou Bakr Al-Baghdadi » leader de « Daech », selon un enregistrement audio à l'époque. Il y renie tout lien avec Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), ce qui a provoqué son expulsion d’«Al-Qaïda», le 22 juillet 2015, lorsque le Conseil de la Choura du bataillon des Almoravides a tranché la question de son rattachement à «Daech» ou à «Al-Qaïda». C’est d’ailleurs à ce moment qu’allégeance a été faite à Mokhtar Belmokhtar comme émir des Almoravides, qui a désavoué "Al-Baghdadi" et son organisation, qu'il a décrit comme « violateur de la Charia et effuseur de sang protégé des musulmans. »

Pour mieux définir ses objectifs, Al-Sahraoui a en janvier 2014 déclaré que le MUJAO fermerait les frontières du Burkina Faso et du Niger en posant des mines antipersonnel, et que «la guerre a commencé et ne finira jamais».

selon les observateurs, la dernière apparition d’Abou Walid Al-Sahraoui était en 2015 lors de la déclaration qu’il avait faite, la première du genre, pour faire allégeance à «Daech», quand il a revendiqué une attaque contre les forces françaises dans le triangle frontalier, situé entre le Niger, le Mali et le Burkina Faso. Il a annoncé aussi sa responsabilité d'une attaque contre une patrouille conjointe entre les forces spéciales américaines et les troupes nigériennes, dont le bilan était de quatre soldats américains tués et cinq morts des troupes nigériennes, en octobre 2017.

Il a récemment été rapporté qu'Abou Walid Al-Sahraoui œuvre à former une nouvelle alliance entre les groupes terroristes pour se préparer à affronter la Force militaire conjointe du G5 Sahel dont l'annonce a été faite par les pays du Sahel.

 

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