Publié par CEMO Centre - Paris
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Abou Ayoub Al-Masri … De Menoufiya à Ahrar Cham

lundi 11/juin/2018 - 04:31
La Reference
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Islam Mohamed

Mohamed Fouad Hassan Al-Sayed Hazzaa, alias Sharif Hazzaa, est né en 1957 à Shebin Al-Kom dans le gouvernorat de Menoufiya en Egypte. Au début de sa vie, il est influencé par les idées des Frères musulmans, puis se tourne vers la pensée salafiste. Il se rend en Arabie Saoudite pour étudier le hadith et les sciences religieuses à l'université islamique de Médine, où il suit les cours du cheikh Nasser al-Din al-Albani, grand spécialiste du hadith.

Après avoir étudié le hadith à Médine, il se rend en Jordanie, où il travaille comme Mouhaqiq (réviseur) d’ouvrages islamiques (personne qui retranche d’une œuvre les passages non authentiques en la comparant à la version originale). Il révise certains ouvrages d’Ibn Taymiyya comme Al-Fatwa Al-Mahmoudiyah Al-Kobra (La grande fatwa Mahmoudiya), Al-Fourqan bayn Awlya Al-Rahman (Al-Fourqan entre les mains des partisans du Miséricordieux) et Awlyaa Al-Chaytan (les partisans de Satan). Il révise de même certains ouvrages de l’imam Al-Chokani comme Al-Tohaf fi Mathahib Al-Salaf (les joyaux de la doctrine du Salaf). Il rédige également quelques livres comme Al-Odhr bel djahl (L’excuse par l'ignorance).

Hazzaa revient en Egypte, après que sa femme ait donné naissance à leur fils Mo’ath, le 20 octobre 1987, puis il part au Pakistan avec sa famille où il obtient une maîtrise dans la science du hadith, et travaille comme enseignant à l'Institut du groupe Al-Tawhid wal Jihad, dans la ville de Peshawar à la frontière afghane. Il y rencontre plusieurs chefs de groupes armés afghans. Après un séjour de moins d’un an au Pakistan, il rentre en Egypte, mais il n’y restera pas longtemps. Il repart aussitôt aux Emirats Arabes Unis, puis en Indonésie, où il enseigne le hadith dans les instituts religieux avant de revenir à sa ville natale en 1998.

En août 1999, il est arrêté, et accusé d’appartenance à l’organisation Al-Aa’doune min Albania (les revenants d’Albanie). Il comparait devant un tribunal militaire, mais acquitté, il est à nouveau arrêté par la sécurité.

Il fait alors le tour des prisons égyptiennes avant de finir à la prison de Tora. Hazaa joue un rôle clef dans la réussite des révisions idéologiques en vertu desquelles les groupes armés ont renoncé à la violence et opté pour une approche pacifique.

Pendant qu’il était en prison, un incident célèbre est survenu, en raison de la similitude entre son surnom et celui d'Abou Hamza Al-Muhajir, l'ancien dirigeant d’Al-Qaïda en Iraq. En effet, les deux hommes sont surnommés « Abou Ayoub ». Aujourd’hui encore, les médias les confondent. Aux Etats-unis on a publié une biographie de Hazza en affirmant que c’est l'homme «  qui a dirigé Al-Qaïda en Irak » et sa mort a été annoncée en 2010. Cependant, Montasser Al-Zayat, l’avocat des groupes islamistes en Egypte, a souligné que Hazza tait détenu à la prison de Tora, et qu'il « le rencontrait personnellement ». De même, sa femme a écrit à plusieurs médias, affirmant que son époux se trouvait toujours en prison, et qu'il n'a jamais visité l'Irak ni même l'Albanie en raison de laquelle il est emprisonné.

Sur la ligne de feu en Syrie

Les forces de sécurité égyptiennes finissent par libérer Hazza, après plusieurs recours présentés par son avocat. Il participe alors à la Révolution du 25 Janvier 2011 qui a renversé le régime de l'ancien président Hosni Moubarak, et s’installe en Egypte jusqu'à ce que la Confrérie des Frères musulmans, fondée par Hassan al-Banna en 1928, y prenne le pouvoir le 30 juin 2012.

 

Il part alors à Istanbul en Turquie, en Septembre 2012 et s’infiltre sur le territoire syrien. Arrivé à la ville d'Alep, il adhère au front Fath Al-Sham (anciennement Al-Nossra) qui, plus tard, rejoint par d’autres factions, deviendra Hay’et Tahrir Al-Cham (Organisation de Libération du Levant) dirigé par Abou Mohamad Al-Joulani.

Hazaa enseigne les sciences religieuses aux combattants du Front, qu’il ne tarde pas à quitter après que celui-ci ait attaqué en mars 2016 des éléments de l’Armée Syrienne Libre (ASL). Hazza a estimé que cette attaque « n'est pas permise du point de vue religieux ». Il rejoint le Front d’Al-Ahrar où il travaille comme juge.

En Mars 2017 au risque d’être démenti, il assène un coup médiatique à Abou Mohamed Al-Joulani en révélant l'existence de négociations directes entre lui et l'Iran au Qatar. Il attaque virulemment Al-Joulani en raison de ses tentatives d'unifier les factions syriennes sous sa bannière par la force et la violence.

Lorsque l’Organisation de Libération du Levant a attaqué le Front d’Al-Ahrar, Hazaa a publié une fatwa dans laquelle il affirme que les soldats morts de l’OLL sont en Enfer, tandis que ceux d’Ahrar Al-Sham sont au Paradis, car ils se défendent contre l'agression et ne sont nullement des agresseurs.

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