Abou Aliqzan… Un salafiste égyptien qui combat le régime d'El Assad en Syrie

Rahma Mahmoud
On peut considérer qu’Abou Aliqzan El Masri, dont le vrai
nom est Mohamed Nagi, est l’une des personnes les plus controversées sur la
scène djihadiste en Syrie: Certaines factions l’accusent d’être la cause
principale des divergences qui ont eu lieu entre les factions qui forment le
Front islamique en novembre 2013 y compris (Mouvement d’Ahrar Al-Cham, Brigade
des Faucons du Levant et Armée de l'Islam) et cela à cause de son désaccord
permanent avec le leader du mouvement, Abou Jaber Al-Cheikh, qui appartient à
la partie intransigeante au sein du mouvement, en ce qui concerne l’impiété et
la lutte contre l’Organisation Daech et les factions d’opposition en
Syrie.
Abou Aliqzan s’est séparé du Parti salafiste El Nour en
Egypte tout en voyageant afin d’adhérer au Mouvement d’Ahrar Al-Cham et cela
était au début de 2012. A l'époque, il a travaillé en tant qu’un mufti légitime
au sein du mouvement tout en retournant en Egypte encore une fois après
l'accession de l'ancien président Mohamed Morsi (il a gouverné le pays en juin
2012). Il est reparti de nouveau en Syrie après le renversement de
Morsi et après la Révolution du 30 Juin 2013 et cela afin de poursuivre son travail au
sein du Mouvement d’Ahrar
Al-Cham.
Il s’est également séparé du Mouvement d’Ahrar Al-
Cham, et cela un jour seulement après la prise d’une décision par son conseil
légitime, autorisant la coordination avec l'armée turque dans le
nord de la Syrie afin de lutter contre Daech le 22 septembre 2016, tout en
rejoignant l’Organisation de Libération du Levant, y devenant un des muftis
légitimes et déclarant qu’il est permis de combattre les membres du Mouvement d’Ahrar
Al-Cham. Sa relation avec l’Organisation restait forte jusqu'à ce que sa
relation avec Abou Muhammad Al-Julani,
leader du front du Fatah Al-Cham, se soit tendue, et ce à l’issue de son
acceptation de l'intervention turque dans le nord de la
Syrie.
On peut également considérer Abu Aliqzan comme l’un des
symboles du courant conservateur au Mouvement d’Ahrar Al-Cham (un courant qui
rejette l’excès de l’impiété tout en estimant que son objectif consiste à
lutter contre le régime d’El Assad et non pas contre les factions islamistes
d’opposition) tout en rejetant systématiquement les Fatwas émises par le
conseil légitime du mouvement sous la direction d’Ayman Harsh. Par exemple, il
a refusé l’accusation du gouvernement intérimaire syrien (formé par les
factions d’opposition du régime d'Assad sous la direction de Jawad Abou Hatab)
d’impiété, ces factions qui ont déplacé leur lieu de concentration de la ville
d'Idlib au nord de la Syrie vers la ville de Tripoli. Il a également rejeté
l’accusation d’impiété des factions d'opposition en Syrie et du gouvernement
turc.