Publié par CEMO Centre - Paris
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Macron affronte l’Enfer demain Neuf syndicats ont donné leur accord pour une grève générale Et ententes avec les Gilets jaunes pour se joindre à eux

lundi 04/février/2019 - 08:14
La Reference
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Rapport exclusif de Paris :

Dr Abdelrahim Ali

 

Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, a annoncé aujourd’hui lundi l’accord de neuf syndicats pour entrer dans le mouvement de grève générale demain mardi 5 février, qui comprend tous les services publics en France et à leur tête les transports et les hôpitaux, les bureaux de poste, les aéroports et les gares.

Des observateurs dans la capitale française pensent que cette grève générale sera la plus importante depuis les grèves de 2017, car le but de Philippe Martinez, connu pour son opposition radicale à Macron, est de convaincre les Gilets jaunes de se joindre à lui demain pour contraindre le gouvernement français à prendre les mesures suivantes :

1.     Augmenter les salaires et les retraites de toutes les catégories de travailleurs et d’employés en France.

2.     Annuler tous les types d’exemptions fiscales accordées aux grandes entreprises industrielles.

3.     Participer au débat social en cours en France, mais sur « le bitume », selon l’expression de Martinez.

 

Celui qui suit la crise depuis qu’elle a débuté avec les manifestations des Gilets Jaunes le samedi 17 novembre dernier, pour protester contre l’augmentation des taxes sur les carburants, dans le cadre du plan du président Macron de réforme économique qui faisait partie du programme électoral sur la base duquel il avait été élu, se rendra compte du manque d’expérience politique évident dans la gestion de cette crise par l’équipe du président et en particulier son parti La République en Marche, qui est resté totalement absent de la scène jusqu’à maintenant, en le laissant affronter seul la rue sans aucun soutien.

La crise s’est ainsi amplifiée durant les mois de décembre et janvier, passant de revendications claires à une crise politique et sociale profonde et grave, ce qui a réduit les choix qui s’offrent à Macron et à son équipe, et a donné l’occasion à ses adversaires politiques de l’intérieur et de l’extérieur d’exploiter la situation et d’aggraver la crise.

 

Les options de Macron

Il ne reste plus devant le président Macron après que la crise soit entrée dans la phase de la grève générale des syndicats que quatre options principales :

La première : le recours à un référendum général sur ses politiques, comme dans l’expérience du général de Gaulle face aux protestations étudiantes de 1968, et dans ce cas, il est attendu un refus de ces politiques à 80%, qui est le pourcentage de gens ayant appuyé les revendications des Gilets jaunes.

La seconde : la dissolution de l’Assemblée nationale en prévision d’élections législatives qui verront la victoire assurée de l’un des partis d’opposition ou d’une alliance entre deux partis principaux, le parti du Rassemblement national de Marine Le Pen et le parti de la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon, et la formation d’un gouvernement de cohabitation, à l’instar des expériences du président François Mitterrand avec le premier ministre Jacques Chirac en 1986 et le premier ministre Edouard Balladur en 1993, et du président Jacques Chirac avec le premier ministre Jospin en 1997. Une telle cohabitation privera le président de ses pouvoirs en politique intérieure au profit du nouveau premier ministre, qui aura un programme différent de celui du président, et l’obligera à consulter le chef du gouvernement sur les questions de politique étrangère et de défense, ce qui pourrait conduire à la fin de la carrière politique de Macron dans l’avenir, mais lui permet de rester en lice encore trois ans.

La troisième : la démission du gouvernement d’Edouard Philippe, et la formation d’un gouvernement d’union nationale dirigé par une personnalité forte du centre droit ou du centre gauche. On parle ainsi de François Bayrou (centre droit) ou de Jean-Yves Le Drian (centre gauche) pour diriger ce gouvernement, tout en s’appuyant sur des ministres de différents courants. Si cela est couronné de succès, cela permettra à Macron de ne pas se couper de sa base populaire, et de conserver son influence politique, et peut-être de revenir en force sur le devant de la scène avant les élections présidentielles prochaines.

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