Macron affronte l’Enfer demain Neuf syndicats ont donné leur accord pour une grève générale Et ententes avec les Gilets jaunes pour se joindre à eux

Rapport
exclusif de Paris :
Dr Abdelrahim
Ali
Philippe
Martinez, secrétaire général de la CGT, a annoncé aujourd’hui lundi l’accord de
neuf syndicats pour entrer dans le mouvement de grève générale demain mardi 5
février, qui comprend tous les services publics en France et à leur tête les
transports et les hôpitaux, les bureaux de poste, les aéroports et les gares.
Des observateurs
dans la capitale française pensent que cette grève générale sera la plus
importante depuis les grèves de 2017, car le but de Philippe Martinez, connu
pour son opposition radicale à Macron, est de convaincre les Gilets jaunes de
se joindre à lui demain pour contraindre le gouvernement français à prendre les
mesures suivantes :
1.
Augmenter
les salaires et les retraites de toutes les catégories de travailleurs et
d’employés en France.
2.
Annuler
tous les types d’exemptions fiscales accordées aux grandes entreprises
industrielles.
3.
Participer
au débat social en cours en France, mais sur « le bitume », selon
l’expression de Martinez.
Celui qui suit la crise depuis qu’elle a débuté avec les manifestations des
Gilets Jaunes le samedi 17 novembre dernier, pour protester contre l’augmentation
des taxes sur les carburants, dans le cadre du plan du président Macron de
réforme économique qui faisait partie du programme électoral sur la base duquel
il avait été élu, se rendra compte du manque d’expérience politique évident
dans la gestion de cette crise par l’équipe du président et en particulier son
parti La République en Marche, qui est resté totalement absent de la scène
jusqu’à maintenant, en le laissant affronter seul la rue sans aucun soutien.
La crise s’est ainsi amplifiée durant les mois de décembre et janvier, passant
de revendications claires à une crise politique et sociale profonde et grave,
ce qui a réduit les choix qui s’offrent à Macron et à son équipe, et a donné
l’occasion à ses adversaires politiques de l’intérieur et de l’extérieur
d’exploiter la situation et d’aggraver la crise.
Les options de Macron
Il ne reste plus devant le président Macron après que la crise soit entrée
dans la phase de la grève générale des syndicats que quatre options
principales :
La première : le recours à un référendum général sur ses politiques,
comme dans l’expérience du général de Gaulle face aux protestations étudiantes
de 1968, et dans ce cas, il est attendu un refus de ces politiques à 80%, qui
est le pourcentage de gens ayant appuyé les revendications des Gilets jaunes.
La seconde : la dissolution de l’Assemblée nationale en prévision
d’élections législatives qui verront la victoire assurée de l’un des partis
d’opposition ou d’une alliance entre deux partis principaux, le parti du
Rassemblement national de Marine Le Pen et le parti de la France insoumise de
Jean-Luc Mélenchon, et la formation d’un gouvernement de cohabitation, à l’instar
des expériences du président François Mitterrand avec le premier ministre
Jacques Chirac en 1986 et le premier ministre Edouard Balladur en 1993, et du
président Jacques Chirac avec le premier ministre Jospin en 1997. Une telle
cohabitation privera le président de ses pouvoirs en politique intérieure au
profit du nouveau premier ministre, qui aura un programme différent de celui du
président, et l’obligera à consulter le chef du gouvernement sur les questions
de politique étrangère et de défense, ce qui pourrait conduire à la fin de la
carrière politique de Macron dans l’avenir, mais lui permet de rester en lice
encore trois ans.
La
troisième : la démission du gouvernement d’Edouard Philippe, et la
formation d’un gouvernement d’union nationale dirigé par une personnalité forte
du centre droit ou du centre gauche. On parle ainsi de François Bayrou (centre
droit) ou de Jean-Yves Le Drian (centre gauche) pour diriger ce gouvernement,
tout en s’appuyant sur des ministres de différents courants. Si cela est
couronné de succès, cela permettra à Macron de ne pas se couper de sa base
populaire, et de conserver son influence politique, et peut-être de revenir en
force sur le devant de la scène avant les élections présidentielles prochaines.