Le Sommet de l’Organisation du Traité de sécurité collective en Russie: lecture des résultats et significations
jeudi 02/juin/2022 - 04:03

C’est dans un contexte politique et militaire complexe suite à la guerre russo-ukrainienne, que la Russie a accueilli le Sommet de l’Organisation du Traité de sécurité collective, qui comprend la Russie, la Biélorussie, l’Arménie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, et le Tadjikistan.
Le Sommet intervient 30 ans après la signature du Traité de sécurité collective en 1992, suite à l’effondrement de l’Union soviétique.
Il est aussi le premier sommet après les événements du Kazakhstan en janvier dernier et les manifestations violentes qui ont eu lieu. Et suite à l’envoi de forces de maintien de la paix dans ce pays, qui ne restèrent que quelques jours, le retour de la stabilité dans le pays fut annoncé.
Moscou cherche maintenant à travers ce sommet tenu sur son territoire à briser l’isolement qui lui est imposé suite à la guerre contre l’Ukraine, et à montrer sa capacité à se mouvoir dans son environnement stratégique, et à mobiliser ses alliés pour affronter l’Occident, qui insiste pour fournir à l’Ukraine toutes les formes de soutien dont les armes, outre l’imposition d’une série de sanctions contre Moscou. C’est donc une espèce d’initiative géopolitique contre l’Occident dans le domaine de l’Asie centrale.
Le communiqué aborde entre autres la façon de traiter avec la situation géopolitique actuelle en renforçant la coopération militaire et politique, et
en créant un système efficace de sécurité collective, pour faire face aux défis et aux menaces.
Et bien que ce qui se passe en Ukraine n’ait pas été mentionné explicitement dans le communiqué du Sommet, les problèmes liés directement à la crise ont été abordés. C’est ainsi qu’a été exprimée l’inquiétude vis-à-vis de ce qui se passe aux frontières des Etats membres de l’Organisation, et le fait que certains Etats ne se préoccupent pas des intérêts des autres Etats, ce qui a permis de justifier l’intervention militaire de la Russie en Ukraine. L’inquiétude a été exprimée aussi vis-à-vis des sanctions imposées en dehors du Conseil de sécurité de l’Onu, et de la partialité dans la façon de traiter avec les principes du droit international. Il a condamné en particulier la falsification des événements historiques, en particulier la contribution de l’Union soviétique à repousser le nazisme. En effet, la Russie affirme toujours que c’est pour “dénazifier” l’Ukraine qu’elle est
intervenue dans ce pays, outre les dangers de l’extension de l’Otan, et le discours commun qui s’impose pour affronter les défis extérieurs, et à leur tête, la déstabilisation des pays de l’Organisation à travers “les révolutions de couleur”.