Les passionnées de la Chahada, le terrorisme féminin d’Al-Qaïda à Daech

Noura Bendari
Comment les femmes
sont-elles embrigadées au sein des organisations terroristes ? Le livre
« Les passionnées de la Chahada (martyre) les formations djihadistes
féminines d'Al-Qaïda à Daech » tente d’apporter des éléments de réponse à
cette question. L’ouvrage, paru en Avril 2017 et rédigé par deux chercheurs
jordaniens spécialistes des mouvements islamistes : Mohamad Abouroman et
Hassan Abu Hanieh, est publié par la maison d’édition Friedrich Ebert à Amman.
Le livre soulève
plusieurs questions entre autres comment une organisation hostile aux droits
des femmes communément reconnus sur le plan internationale, peut-elle attirer
des centaines de femmes d'Europe seulement ? Qu’est ce qui motive ces femmes
qui encouragent leurs enfants et leurs maris à rejoindre un groupe violent
comme Daech ? Certaines études indiquent que les femmes sont faciles à
embrigader, en particulier les jeunes filles, qui aiment l'aventure et qui
rêvent d’épouser un combattant.
Selon les auteurs
du livre, l’émergence du djihadisme féminin remonte à la fin de la domination
ottomane dans la région arabe et l’émergence de l’idéologie djihadiste visant à
lutter contre le colonialisme occidental.
En 2014, Daech
a réussi à embrigader 35 000 combattants du monde entier, dont 5 500 femmes
d'Europe seulement. L’ouvrage explique pourquoi les femmes de Daech
surtout les européennes sont capables d’inciter au meurtre, bien qu’elles aient
reçu une éducation laïque. Ces femmes sont à la recherche de leur identité
surtout que l’Occident souffre de nombreuses contradictions identitaires.
Le livre met en
avant le rôle des femmes dans le domaine des médias appartenant à
l’organisation surtout les réseaux sociaux. Il relate l’histoire d’un certain
nombre de femmes affiliées ces organisations terroristes, qu’elles soient
originaires de pays arabes ou d’Europe.
Le titre de l’ouvrage « Les
passionnées de la Chahada » ne semble pas approprié et donne
l’impression d’être un titre de propagande. Les auteurs se sont principalement
référés aux réseaux sociaux pour connaitre le comportement des femmes affiliées
à Daech et leurs familles. Or, les réseaux sociaux ne peuvent pas servir de
référence dans la rédaction de recherches scientifiques.